Vous pensez à une carrière dans la santé visuelle et vous aimez le contact humain autant que la précision du geste thérapeutique ? Le métier d’orthoptiste répond à ces deux attentes. Ce professionnel accompagne les patients à chaque âge de la vie, de la prévention aux bilans, de la rééducation aux suivis. Voici un guide clair pour comprendre le quotidien, les études et les perspectives d’une profession à l’impact concret.
💡 À retenir
- En France, il existe environ 5 500 orthoptistes en exercice.
- Le diplôme d’État d’orthoptie est accessible après 3 ans d’études supérieures.
- Le salaire moyen d’un orthoptiste en début de carrière est d’environ 2 000 € brut par mois.
Qu’est-ce qu’un orthoptiste ?
L’orthoptiste est un professionnel de santé spécialisé dans la fonction visuelle. Il réalise des bilans, pose des actes de dépistage, conduit des rééducations et participe au suivi de troubles comme le strabisme, l’amblyopie ou les difficultés de convergence. Il travaille en étroite collaboration avec l’ophtalmologiste et d’autres spécialistes pour améliorer la vision fonctionnelle et le confort visuel au quotidien.
Concrètement, il évalue la qualité de la vision binoculaire, prescrit et anime des séances d’exercices personnalisés, et accompagne les patients après une chirurgie ou un traumatisme. Il intervient aussi en basse vision pour optimiser les restes visuels et l’autonomie des personnes malvoyantes. En France, on compte environ 5 500 professionnels en activité, un effectif encore modeste face aux besoins croissants.
“Ce que j’aime, c’est voir un enfant reprendre confiance en classe après quelques séances, ou un adulte retrouver de la stabilité au travail”, partage Claire, orthoptiste en centre de soins pluridisciplinaire.
Missions et rôle de l’orthoptiste
Les missions couvrent un champ large, du dépistage à la rééducation. Selon la pathologie et l’âge, l’approche diffère, mais l’objectif reste le même : restaurer ou optimiser la vision fonctionnelle dans la vie réelle.
- Bilans orthoptiques complets et mesures de la vision binoculaire.
- Dépistage des troubles visuels chez l’enfant et l’adulte.
- Rééducation et réadaptation visuelle personnalisées.
- Accompagnement en basse vision et adaptation d’aides optiques.
- Suivis post-opératoires et prise en charge des troubles neurovisuels.
Les études pour devenir orthoptiste
La formation passe par le Diplôme d’État d’orthoptie, accessible sur dossier via Parcoursup après le bac. Le cursus dure 3 ans, sur un rythme combinant cours théoriques, travaux pratiques et stages cliniques. On y étudie l’anatomie de l’œil, l’optique, la neurovision, la sémiologie des troubles, les techniques d’examen et de rééducation, ainsi que la relation patient. Un mémoire et des mises en situation complètent la formation.
Les enseignements s’ancrent dans la réalité du terrain. Les étudiants apprennent à mener un bilan orthoptique, construire un plan de rééducation, utiliser des dispositifs numériques d’évaluation, et travailler en équipe avec ophtalmologistes, orthophonistes et ergothérapeutes. À la sortie, ils obtiennent l’autorisation d’exercer en tant qu’orthoptiste sur l’ensemble du territoire.
Formation initiale
Le programme mêle théorie et immersion clinique pour développer des réflexes sûrs auprès des patients. Voici quelques éléments concrets du parcours.
- Théorie : anatomie, physiologie de la vision, optométrie, sémiologie, pathologies fréquentes.
- Pratique : bilans, tests sensorimoteurs, exercices de convergence et de poursuite, outils numériques.
- Stages : cabinet d’ophtalmologie, service hospitalier, centre basse vision, pédiatrie et neurovision.
- Compétences transversales : communication, éducation thérapeutique, organisation d’un planning de soins.
Conseil d’étudiant : “Notez vos observations patient par patient. Constituez vite une trousse d’outils d’exercices variés, cela vous sauvera des séances où la fatigue visuelle est forte.”
Formations continues
Après le diplôme, la formation continue permet de se spécialiser ou de garder un haut niveau de compétences. On trouve des DU et certificats en basse vision, pédiatrie, neuro-orthoptie, strabologie, réhabilitation visuo-attentionnelle, télésanté ou gestion de cabinet. Certaines universités proposent des passerelles vers des masters en santé publique ou en sciences de l’éducation pour s’orienter vers la coordination, la recherche ou la formation.
- Se spécialiser pour répondre à une demande locale forte, comme la basse vision.
- Mettre à jour ses protocoles de rééducation avec les dernières preuves scientifiques.
- Développer des compétences numériques pour le suivi et les ateliers d’éducation thérapeutique.
Pour bien choisir votre école et vos modules additionnels, comparez les terrains de stage, échangez avec des étudiants, et regardez le taux d’insertion. Un conseil simple : vérifiez que l’équipe pédagogique maîtrise aussi la pratique clinique, pas seulement la théorie.
Débouchés et perspectives de carrière

Le marché de l’emploi est porteur. L’attente en ophtalmologie, l’augmentation des troubles chez l’enfant, le vieillissement de la population et les suites de pathologies neurologiques créent une demande soutenue. Un orthoptiste trouve donc rapidement sa place, en libéral comme en structure, avec un rôle clé dans l’accès aux soins visuels.
Le travail en équipe est la norme, que ce soit dans des cabinets de groupe, des centres ophtalmo ou des hôpitaux. Les protocoles de coopération et le développement du suivi à distance élargissent encore le champ d’action. Dans ce contexte, les compétences relationnelles, l’organisation et la pédagogie font souvent la différence.
Où travailler en tant qu’orthoptiste
La profession offre des cadres d’exercice variés, chacun avec un rythme et des publics différents.
- Cabinet libéral seul ou en maison de santé, avec autonomie sur l’organisation.
- Centre ophtalmologique ou clinique privée, où l’activité diagnostique est soutenue.
- Hôpital et centres de rééducation, pour des prises en charge complexes et pluridisciplinaires.
- Structures médico-sociales et écoles pour le dépistage et l’accompagnement des enfants.
- Recherche, industrie, formation initiale et continue pour diversifier sa pratique.
Exemple concret : Pauline a débuté en centre ophtalmo pour gagner en expérience sur les bilans, puis a ouvert un temps partiel en libéral pour développer la basse vision. Elle apprécie l’équilibre entre intensité diagnostique et suivi au long cours.
Évolution de carrière
Après quelques années, vous pouvez vous orienter vers la coordination d’un pôle, la formation d’étudiants, l’expertise en basse vision ou la neuro-orthoptie. Certains choisissent la recherche clinique ou participent à des projets d’innovation en santé visuelle. La montée en responsabilité passe souvent par des diplômes universitaires et, selon les objectifs, par un master.
- Développer une spécialité reconnue localement et animer un réseau de prescripteurs.
- Devenir référent qualité et structurer les parcours patients.
- Enseigner et encadrer des mémoires pour transmettre la pratique.
- Piloter un cabinet multi-professionnel ou un projet de prévention territoriale.
“Voir sa patientèle évoluer avec vous est très gratifiant. La spécialisation m’a aidée à m’ancrer sur mon territoire”, confie Sami, orthoptiste libéral.
Salaire d’un orthoptiste
En début de carrière, la rémunération tourne autour de 2 000 € brut par mois, selon le mode d’exercice et la région. En structure publique ou privée, elle suit une grille, avec des compléments possibles liés aux horaires, aux responsabilités et à l’ancienneté. En libéral, les revenus varient selon l’activité, la patientèle et l’organisation.
Pour que ce soit plus parlant, voici des ordres de grandeur constatés chez des professionnels, à adapter à chaque contexte.